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11 juillet, 2015

« CAFE GIVRE » de Suzanne Selfors (Flammarion – 2012)

 

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 Comme il est plaisant, par ces grandes chaleurs d’été, de plonger dans un bain de fraîcheur, de douceur et de magie au cœur d’un cocon  norvégien!

 Nous voici donc dans un petit village de la communauté norvégienne émigrée aux Etats-Unis, où KATRINA, une jeune lycéenne, aide  chaque jour sa grand-mère Anna à gérer le café « Chez Anna », un petit café rétro où le temps semble s’être figé, et où l’on sert encore de vrais  cafés scandinaves.

Mais le café « chez Anna »  est menacé de fermeture à cause de la concurrence d’un café ultra moderne où le café est servi  dans des gobelets en polystyrène. KATRINA n’attend plus qu’un miracle pour sauver le café de sa grand-mère, et il va se présenter sous les  traits de « Malcolm », un beau jeune homme énigmatique, endormi dans l’arrière-cour d café, à qui KATRINA va gentiment offrir un café  bien chaud, et qui s’avérera en fait être un ange….

 Ce bon conte d’hiver aborde avec légèreté et une pointe de surnaturel des thèmes d’actualité bien réels tels que la mort des petits  commerces,  les dérives de la société de consommation, le manque de confiance en soi des adolescents, l’amitié-amoureuse… La grande        force de ce roman, est de ne jamais se départir de sa poésie. Elle est présente partout, nous enivre de ses parfums de mokas et de leur  chaleur réconfortante.

 

  »CAFE GIVRE » est un incontournable coup de coeur de la litterature jeunesse. Il est certes destiné majoritairement à être lu par des  adolescents, mais l’adulte y trouve largement son compte, ne serait-ce que par les couleurs de la palette de sentiments et de valeurs  abordés dans ce livre. Il y est question d’amitié, de relations entre les générations, et surtout du pardon et de son pouvoir libérateur.

J’ai beaucoup aimé ce livre et vous le recommande « chaudement » :-)

 

 

Par Dolly Betty le 11 juillet, 2015 dans Coups de cœur- Jeunesse
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20 juin, 2015

« Emergency 911″ de Ryan David JAHN – Un vrai « Road Roman »!

9782330014216 Si vous aussi, vous affectionnez particulièrement les personnages décalés, érodés par les épreuves d’une vie mais capables de se  transformer en héros d’un jour lorsqu’ils sont dos au mur, vous allez adorer ce roman!

 À Bulls Mouth, Texas, quand on fait le 911, on tombe directement sur Ian, adjoint du Shérif, qui passe ses journées à jouer aux cartes sur  l’écran de son ordinateur tout en répondant aux rares appels d’urgence. Il faut dire qu’il n’a plus du flic que l’uniforme. 7 ans pus tôt, sa fille  Maggie a été kidnappée dans sa chambre et l’’enquête n’ayant rien donné, elle a fini par être déclarée morte… Depuis, Ian s’est mis à boire,  sa femme l’a quitté et le shérif lui a retiré son arme de service. Bref, Ian est devenu une vraie loque humaine, sa vie n’a plus de sens.

 Ce jour-là, il lui reste une heure à tirer quand il reçoit un coup de fil un peu spécial. “Je vous en prie, aidez-moi !” Ça fait sept ans qu’il n’a  pas entendu sa voix, alors au début il ne la reconnaît pas. Pourtant c’est bien elle. Sa petite fille l’appelle au secours. Elle a réussi à  s’échapper et à trouver une cabine téléphonique. Mais la conversation est brutalement écourtée. Son ravisseur vient de lui remettre la main  dessus.
 Il n’a à peu près rien : une description sommaire du kidnappeur et la localisation de la cabine, où un combiné doit se balancer au vent. Mais  à peu près rien, c’est déjà quelque chose, et il ne laissera pas Maggie disparaître une seconde fois. Alors il prend son SIG Sauer, grimpe dans  sa Mustang 1965 et part à sa recherche. Du Texas à la Californie, il enfile l’Interstate 10 à tombeau ouvert sur la trace du monstre qui lui a  volé sa vie.

 

 J’ai adoré suivre Ian sur les grandes routes désertiques: la poussière, la chaleur, sa sueur, sa douleur (il est blessé gravement et passe outre  ses souffrances pendant une bonne moitié du roman), le mince espoir auquel il s’accroche pour ne pas sombrer, tout est palpable et on le vit avec lui. L’originalité de l’histoire réside dans la façon dont elle nous est contée: chaque personnage devient narrateur et exprime son point de vue sur l’histoire et sa façon de la vivre.

Ian, poussé par l’espoir et la rage, devient un héros sombre et violent.  Maggie , sa fille, témoin et victime des violences de son geôlier,  et dont l’enfance et l’innocence ont disparu depuis longtemps, ne renonce pas à la liberté et se bat pour rester en vie. C’est un roman noir, brutal, qui se dévore du début à la fin. On y découvre une réalité à la limite de l’irréel, la frontière entre le bien et le mal y devient floue. Je recommande cette ambiance digne d’un bon film de Tarantino!

Ryan David JAHN est un jeune auteur à suivre.

Un roman à dévorer.

Par Dolly Betty le 20 juin, 2015 dans Coin lecture des grands
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8 février, 2015

Avec « Le Royaume » d’E. Carrère, Jésus fait le buzz!

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  »Le Royaume » était la sortie littéraire la plus attendue de la Rentrée littéraire 2014, et il a suscité bien des commentaires élogieux, même de la part de l’Eglise Catholique de France.
 J’ai donc été ravie qu’un collègue amateur du genre me le mette entre les mains!
 Pour faire court, Emmanuel Carrère nous confie avoir été très croyant et pratiquant pendant 3 années (il l’évoque dans les 100 premières pages de son roman), puis il a cessé de croire… 20 ans plus tard,il revient sur les chemins du Nouveau Testament pour les suivre en romancier et enquêteur.
Je sors de la lecture de ce roman à la fois « grandie », perplexe, déçue… et toujours profondément Chrétienne :-)
 Pourquoi « grandie »:
 Il faut dire que le sujet est vaste, c’est en quelque sorte une enquête historique sur la naissance du Christianisme et l’auteur n’a pas ménagé ses efforts en terme de  documentation historique dont il cite souvent les sources. L’action se passe entre les années 30 à 80 après JC.
 Les « héros » (les figures prédominantes de ce roman-enquête) sont essentiellement Paul et saint Luc.
 On voit donc Paul frappé par une vision du Christ sur le chemin de Damas; ensuite on le voit aller à Jérusalem en compagnie de Luc qui « brode » beaucoup à partir des récits  qu’il a recueillis.
 Nous voilà donc avec l’auteur sur sur les traces non pas de Jésus directement, mais de ceux qui ont témoigné de son message. Il ne remet jamais en cause le fait que Jésus ait  vécu, mais ne croit pas aux miracles, ni à sa résurrection. Il croit qu’un homme a vécu et que d’autres hommes l’ont suivi. Il croise les textes, les sources, analyse les Evangiles,  se réfère aux travaux d’autres historiens. Sa quête est passionnante, parce qu’il ne s’agit pas ici de démêler le vrai du faux, encore moins de juger, mais juste d’essayer de comprendre. Je dis bien essayer, parce qu’il ne peut être sûr de rien, mais c’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai suivi ses recherches sur les évangélistes, sur leurs différences de tempérament, sur les différences entre leurs textes, sur leurs points communs aussi. J’ai apprécié la richesse de son enquête et des connaissances qu’elle nous apporte.

Pourquoi « perplexe »:
L’auteur relève des détails insignifiants qui selon lui n’ont pas pu être inventés, et à l’inverse note avec humour des points qu’il ne juge pas réalistes. Me voici donc un peu « contrainte » de prendre de la distance avec ces récits jusque-là toujours tacitement admis. On a beau savoir dès le départ qu’ E.Carrère ne veut plus y croire, l’histoire du Christianisme qu’il décortique ici, il la considère comme  « un truc exactement du même genre que la mythologie grecque ou les contes de fées ». Mais ce « truc aussi insensé que la religion chrétienne » continue à le fasciner jusqu’à l’entraîner à en explorer les origines. On y constate aussi avec lui que l’âge d’or du Christianisme est révolu, et que la religion Chrétienne est sur le déclin.
Pourquoi « déçue »:
J’ai trouvé pesantes les digressions récurrentes sur la vie personnelle de l’auteur, comme si le sujet traité servait surtout à mettre en valeur sa vie et ses différentes productions. Il ne peut s’empêcher de se mettre en scène dans les « enquêtes » qu’il mène et ne parvient pas à s’effacer derrière les histoires qu’il raconte. L’auteur n’a aucune humilité et va même jusqu’à se définir à la fin du livre comme « un intelligent, un riche, un homme d’en haut […]« .
Je suis surtout restée sur ma faim: l’enquête de l’auteur s’achève sur un « Je ne sais pas » extrêmement frustrant, j’ai eu le sentiment qu’il s’est arrêté en chemin pour n’avoir pas à se demander ce qu’est la foi quand elle ne se résume pas à un refuge pour névrosés ni un saut dans l’irrationnel. 
Que vous vous sentiez concernés ou pas, je vous recommande la lecture de cet ouvrage très documenté et si bien écrit,par un des meilleurs auteurs contemporains.           

           

           

Par Dolly Betty le 8 février, 2015 dans Coin lecture des grands
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